ECO-BOIS est une association qui a pour objet de regrouper des organismes et des entreprises concernйs par la fabrication, la location, le transport, la gestion, la rйcupйration, la rйparation, la valorisation en fin de vie des emballages bois, afin de promouvoir l'emploi de ces derniers en tenant compte notamment des impйratifs de protection de l'environnement.

2007 : l'emballage léger en première ligne

Emballages bois, une nouvelle vie

Le 12 mars 2007, nos confrères de l’emballage léger en bois  ont lancé une action d’envergure concernant la gestion des déchets de leurs produits (cagettes, bourriches, boites à fromage…). Sous le titre évocateur : « Emballages bois, une nouvelle vie. Vers un recyclage optimisé et une valorisation structurée en faveur du développement durable. », ils expliquent que leur démarche s’inscrit dans la droite ligne de la politique gouvernementale de gestion des déchets lancée en 2005.

Rappelons que les deux autres composantes de l’emballage bois que sont les palettes et les caisses (emballages industriels) sont représentées respectivement par les organismes SYPAL et SEILA. Avec le SIEL, ces organisations professionnelles ont créé l’association ECO-BOIS, qui dès le début des années 1990, alors que la notion de développement durable n’était encore qu’un nouveau concept futuriste,  a entrepris des actions pour développer la réutilisation et le recyclage des emballages en bois.

Ce nouveau projet du SIEL a reçu le soutien du ministère de l’écologie et du développement durable, tout comme les actions précédentes menées dans le cadre d’ECO-BOIS avaient reçu ceux des ministères de l’agriculture, de l'écologie (environnement) et industrie.

Monsieur Jean-Philippe LECAT, ancien ministre, convaincu par cette démarche lui apporte également son aide et son soutien. Le SIEL engage ainsi l’emballage léger en bois sur une voie prometteuse.

Voici en quels termes le SIEL présente cette opération en faveur du développement durable.

Jean-Marie TANGUY - 17 mars 2007


« Emballages bois, une nouvelle vie. Vers un recyclage optimisé et une valorisation structurée en faveur du développement durable. »
par J.E. PIETTRE

Une méthode pionnière
Des territoires d’études et d’expérimentation.
Les phases clés.
La grande distribution : des partenaires concernés.
Identification de gisements potentiels d’emplois.
Conclusions.
Les données de l’industrie française de l’emballage léger en bois.
Les trois catégories d’emballages en bois.
Le SIEL.
Recherche, Innovations, l’Emballage Léger fait feu de tout bois…
Repères chiffrés.
Les voies de valorisation des emballages en bois : premières pistes.
La valorisation matière.
La valorisation énergétique

Gestion des déchets : une préoccupation nationale…

Une démarche volontaire des Industriels de l’Emballage Léger en Bois
Soutenue par certaines enseignes de distribution pionnières
Qui passe par de premières expérimentations et la constitution de partenariats.
Des conclusions prometteuses et durables.



Une démarche volontaire des Industriels de l’Emballage Léger en Bois regroupés en Syndicat Professionnel : le SIEL*
Ceux-ci valorisent à hauteur de 90 % leurs déchets de fabrication. Cependant, face à l’absence de filière organisée de valorisation en aval de la commercialisation, le traitement des emballages légers en bois s’investit sur le sujet en y associant distributeurs et structures de l’économie sociale et solidaire. L’enjeu est important puisque les emballages en bois représentent un gisement de plus de deux millions de tonnes.


... soutenue par certaines enseignes de distribution pionnières
La gestion des déchets représente une charge importante pour la grande distribution. De plus en plus, elle cherche des solutions afin d’optimiser les coûts de traitement en aval et de répondre aux exigences environnementales.


...qui passe par des premières expérimentations et la constitution de partenariats.

En juillet 2006, le Syndicat des Industries de l’Emballage Léger en Bois (SIEL), lance des opérations pilotes de valorisation et de recyclage des emballages en bois, avec AUXILIA, association spécialisée dans l’écologie industrielle, en partenariat avec trois grandes enseignes de la distribution (la chaîne de distribution intégrée Auchan, le groupement des Mousquetaires et le Mouvement E.Leclerc) « identifiées » par SOPEXA, spécialiste du marketing et de la communication auprès des acteurs du secteur agro alimentaire.
Soutenue par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, ces recherches de solutions locales s’inscrivent dans une démarche globale de gestion des déchets et de développement durable.
Son objectif majeur est d’identifier localement les opportunités de valorisation des emballages bois en fin de vie et de constituer à terme une filière nationale structurée et durable de valorisation, en créant des emplois solidaires.

Une méthode pionnière.

Des territoires d’études et d’expérimentation.
L’étude a démarré avec la mobilisation de trois enseignes partenaires, qui déterminent des territoires spécifiques de tests où sont analysées les opportunités de valorisation plus systématiquement des emballages en fin de vie :

      • Territoire « Nord » avec la chaîne de distribution Auchan,
      • Territoire « Est » avec le Mouvement E.Leclerc,
      • Territoire « Ile-de-France » avec le groupement des Mousquetaires.

Les phases clés.
Dans chaque territoire, les responsables d’enseignes et autres personnalités locales se réunissent en groupes de réflexion et ateliers de travail afin :
- D’identifier les acteurs locaux pertinents. Constitution d’une communauté d’acteurs ayant un intérêt ou un rôle à jouer dans la filière de valorisation.
- De mobiliser un ou des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Identification et accompagnement d’un acteur remarquable de l’économie sociale et solidaire exprimant un intérêt pour porter tout ou partie de la filière de valorisation. (Inser’Croix dans le territoire « Nord », Argonne Production et Association Marnaise d’Insertion dans le territoire « Est » et Bio Yvelines Services dans le territoire « Ile de France »).
- D’initier une dynamique de coopération vers la création d’un dispositif local de valorisation. (Structuration des échanges autour d’un dispositif de collecte, transport, compactage, transformation et valorisation des emballages bois usagés).
- De rassembler les premiers éléments de faisabilité du dispositif de valorisation. (Évaluation économique et sociale de la filière de valorisation).
- De mettre en pratique des résultats de l’étude.

La grande distribution, des partenaires concernés.
L’enquête menée avec les enseignes permet d’estimer les volumes d’emballages bois usagés produits par la grande distribution.
- Un hypermarché génère environ 100 tonnes par an d’emballages bois : 25 tonnes de cagettes usagées par an et 75 tonnes de palettes par an.
- Un supermarché génère environ 50 tonnes par an d’emballages bois : 20 tonnes de cagettes par an et 30 tonnes de palettes par an.
Le gisement potentiel par département pour les hyper et supermarchés serait de 4 500 t/an.

Des engagements en faveur de l’environnement.


- Joël Herluison, Adhérent et Responsable national Fruits & Légumes des Centres E.Leclerc : « Respect et protection de la nature sont une priorité de longue date pour les Centres E.Leclerc. L’engagement de l’enseigne en faveur de l’environnement s’illustre dans la gestion au quotidien du Mouvement E.Leclerc et de ses magasins proches de leurs clients, et fortement ancrés dans la vie locale… Le Mouvement E.Leclerc s’est distingué comme la première enseigne de la grande distribution à proposer des solutions de gestion des déchets innovantes, répondant à une forte exigence au regard de l’environnement. Depuis 1996, les Centres E.Leclerc trient et valorisent un maximum de leurs déchets, qu’ils soient en carton, bois ou plastique ».

- François Cathalifaud, Chargé de communication et du reporting en matière de développement durable pour Auchan : « Réduire son empreinte écologique par la réduction des pollutions, la promotion des produits et des comportements respectueux de l’environnement…
L’entreprise s’est ainsi impliquée fortement sur la question des déchets … Outre ce travail pour réduire les déchets à la source, Auchan agit pour recycler les déchets occasionnés par l’activité de ses magasins : 54 % des 184 000 tonnes de déchets produits sont recyclés et valorisés. L’entreprise étudie de nouvelles pistes d’amélioration comme la valorisation des déchets fermentescibles… ».

- Laurent Ghérardi, Adhérent Intermarché, porteur du projet valorisation des déchets bois pour le groupement des Mousquetaires : « Les actions de développement durable s’organisent autour de plusieurs axes stratégiques : - le respect de l’environnement grâce à des actions de recyclage, promotion des produits éco- labellisés, soutien du Conservatoire du Littoral, opération avec l’Ademe… - une démarche citoyenne : engagement aux côtés de l’association des Eco-maires, soutien à de nombreuses associations (Association des Mousquetaires pour les Handicapés et leur insertion, Handicap international, Enfance et partage, la Société nationale de sauvetage en mer, le Conservatoire du littoral ».

Identification de gisements potentiels d’emplois.
On peut donc estimer que chaque filière de valorisation peut générer jusqu’à six emplois directs sur chaque territoire de collecte et de valorisation.
En considérant chaque département comme territoire de collecte (territoire compris dans un rayon de 45 km autour du point de transformation), le potentiel d’emplois direct à créer serait de 100 emplois d’encadrants et d’au moins 500 emplois en insertion.


Conclusions.

Il s’agit donc de structurer des filières, dans un premier temps, avec des partenaires économiques importants (assurer la viabilité économique du projet), pour élargir la collecte à l’ensemble des autres détenteurs (notamment les marchés locaux, les commerçants, les entreprises, etc.), et de garantir plus systématiquement une valorisation de la part bois des déchets aujourd’hui collecté par la collectivité. Cette dernière ne disposant pas toujours des modes de valorisation.

Il s’agit également de favoriser les filières courtes de valorisation des Emballages Légers en Bois (ELB) qui se traduit forcément par des gains en CO2 émis. Certains produits fabriqués avec les ELB (paillage horticole par exemple) peuvent être revendus dans les magasins ou utilisés par les collectivités locales (jardins publics, etc.). Ce point répond à une exigence de cohérence des politiques de lutte contre le changement climatique (Plan Climat Territorial, effet d’entraînement des marchés publics sur l’économie locale, etc.).

 

En réponse à l’enjeu majeur du changement climatique, la mise en place de ces filières vient également favoriser les projets d’implantation de chaufferie biomasse (avec réseau de chaleur pouvant alimenter les magasins partenaires par exemple) et sécuriser leur approvisionnement et engendrer des économies d’énergie supplémentaires.



Les données de l’industrie française de l’emballage bois.

Les trois catégories d’emballages en bois :

• Les emballages légers, dont la France est le 2ème producteur européen après l’Italie, sont très utilisés pour la distribution des produits alimentaires (fruits, légumes, fromages…). Cette catégorie regroupe les cagettes, bourriches (beurre, huîtres), paniers, boîtes (fromage), barquettes, et les secteurs boulangerie, horticulture etc. Le syndicat des industries de l’emballage léger en bois (SIEL) a mis en place une structure – GROW France – dédiée à la valorisation des emballages légers en fin de vie depuis 1991.

• Les palettes et caisses palettes auxquelles on ajoute les plateaux de chargement et tambours de câble. voir étude ADEME sur la réutilisation et le recyclage des palettes

• Les emballages industriels, de toutes dimensions, le plus souvent construits sur mesures pour des besoins particuliers, ils concernent aussi bien des caisses de moins d'un mêtre cube que des emballages de plusieurs dizaines de mêtres cubes (transports de tronçons d'avion ou de matériel militaire par exemple).

Nota : une catégorie particulière se distingue par sa nature spécifique : celle des ouvrages de tonnellerie. Nous ne la prenons pas en compte ici.

Le SIEL

Le Syndicat des Industries d’Emballage Léger Bois rassemble les entreprises de producteurs d’ELB sur le territoire français soit une centaine de sites de production (fruits, légumes, fromages, produits de la mer, viticulture, boulangerie, horticulture).
La profession réalise un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros et représente une source directe ou induite de 10 000 emplois en zone rurale de production.
Sa production par an représente 70 % de la production nationale de peupliers, soit 1 million de m3 de grumes.

Recherche, Innovations, l’Emballage Léger fait feu de tout bois…


Le SIEL joue un rôle actif parmi de nombreuses instances officielles. Il est membre de l’Union des Industries du Bois (UIB), de PRORECYCLAGE, du Comité de Liaison des Industries Française de l’Emballage (CLIFE), d’ECOBOIS association pour la promotion et le recyclage des emballages bois, de PERIFEM l’association technique du commerce et de la distribution.
Il est en relation permanente avec le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable (MEDD), le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche (MAP) et le Ministère de l’Industrie
Le syndicat participe aux travaux de normalisation de l’AFNOR, en lien avec le LNE, et aux travaux du CTIFL, Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et légumes. Par ailleurs le SIEL a signé la charte dite ANIA-CLIFE avec l’Association Nationale des Industries Alimentaires.
Il est aussi membre de la CEI Bois Confédération Européenne des Industries du Bois et de la Fédération Européenne des Fabricants de Palettes et Emballages Bois (FEFPEB).

JEP

Repères chiffrés.
Chiffres globaux :



- Produits en bois en fin de vie : 6,695 millions de tonnes
- Construction (démolition et BTP) : 3,5 millions de tonnes
- Meubles : 900 mille tonnes
- Emballages : 2,295 millions de tonnes


- L’emballage bois est une matière première écologique issue de plantations gérées durablement : 80 % de peupliers, 100% recyclable, naturelle et biodégradable.

- Gisement annuel des emballages en bois* : + 34 % en 10 ans.
- Emballages "lourds" : palettes, caisses-palettes et caisses d'emballage industriel : 1,7 millions de tonnes.
- Emballages légers (cagettes) : 500 000 tonnes, soit en tout quelques 2,5 millions de tonnes.

- Réutilisation :

Marginale en ce qui concerne les emballages industriels (caisses le plus souvent fabriquées sur mesures) et quasiment nulle en ce qui concerne l'emballage léger, la réutilisation est devenue en quelques années la règle dans le domaine des palettes.
On estime au minimum à 70% le taux de réutilisation des palettes en Europe. En effet, aux côtés de palettes prévues pour être réutilisées dès leur phase de fabrication, on trouve des palettes conçues pour un usage unique (appelées autrefois "palettes perdues") dont les dimensions sont celles de standards classiques (800 x 1200 mm ; 1000 x 1200 mm ...).
Ces palettes sont le plus souvent remises en circulation, soit sans intervention, soit après réparation.
Il n'existe actuellement pas d'études statistiques quant au volume de réutilisation. Une étude, menée pour le compte de l'ADEME par le cabinet Ernst et Young et à laquelle ont participé ECO-BOIS, le SIEL et le SYPAL, a mis en évidence la nécessité de disposer de données plus fiables dans ce domaine.
Il est nécessaire de connaître :
- Le volume réel de palettes réutilisées sans modification après un premier usage
dans le cadre d'un parc fermé : pools locatifs, pools privés ou contrat de réparation entre un utilisateur et un réparateur.
dans le cadre de l'échange : la palette est vendue comme "déchet" et rachetée après avoir été vérifiée par un réparateur.
- Le volume réel de palettes réparées avant réutilisation et le volume de bois consacré à cette réparation.
- Le nombre de rotations effectuées par les palettes. Sachant que selon qu'elles appartiennent ou non à un parc fermé, elles seront, dans les statistiques actuelles soit non prises en compte, soit comptabilisées comme nouvelles mises sur le marché.
Il n'est pas rare qu'une même palette, réparée à de nombreuses reprises au cours d'une vie qui peut aller de quelques mois à une dizaine d'années, soit ainsi prise en compte plusieurs fois comme une palette neuve mise en circulation.

- Recyclage :

Où s'arrète la réutilisation et où commence le recyclage ?
Cette question reste entière et est également évoquée dans le rapport précité.

Faute d'y répondre clairement, et en attendant que les discussions au niveau européen aboutissent à un consensus, nous nous bornerons à un constat :

- La masse d’emballages en bois officiellement comptabilisée comme "recyclée" a augmenté de 29 % entre 2000 (389 kT) et 2004 (463 kT).
- Le taux officiel de recyclage est passé de 18 à 20 %. L’objectif de 15 % à atteindre en 2008 selon la Directive 94/62 modifiée en 2004 est d’ores et déjà atteint.

Les "bons élèves" en la matière sont de toute évidence les emballages légers, qui, grâce à un système de suivi crédible des cagettes en fin de vie peuvent fournir des données précises.
52 % des cagettes suivent le circuit ordures ménagères, 27 % sont récupérées par les particuliers (brûlage en cheminée) et 21 % sont transformés par valorisation énergétique, collective ou industrielle.

Pour les palettes, la fédération européenne FEFPEB est convaincue de la nécessité d'harmoniser les systèmes de recensements des différents pays européen. Le SYPAL, l'un des piliers de la FEFPEB, soutient cette position.

* Source : ADEME bilan 2007

JMT
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