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SYPAL - syndicat de l'industrie et des services de la palette |

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Réparation des palettes de manutention |
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Rédaction Jean-Marie TANGUY - mise à jour 10 avril 2007 |
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Mal réparée, une palette peut se révéler dangereuse. Le métier de réparateur est une activité qui demande des compétences particulières fort différentes et complémentaires de celles des recycleurs qui, eux, traitent des déchets ultimes en les transformant en broyat destiné à être valorisé.
Une norme internationale éditée en 2003 est venue clarifier ce domaine qui, jusqu'à un passé récent était laissé dans l'ombre. |
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Elements de terminologie
Nature des activit�s
La collecte et le tri
La r�paration
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R�paration des palettes non r�f�renc�es
Contr�le d��querrage
Nettoyage, peinture, marquage
Valorisation
Plus de d�tails sur la r�paration des palettes
Norme NF EN 18613 |
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Les incitations économiques de la fin des trente glorieuses, bientôt suivies par les exigences réglementaires relatives au recyclage des matériaux d’emballages ont eu pour conséquence le développement de la réutilisation, de la réparation et du recyclage des palettes en bois.
Dans ce contexte, on assiste progressivement en Europe, comme en Amérique du Nord, à la naissance d’une professionnalisation, qui, dans les prochaines années se concrétisera par la définition des critères de « métiers spécifiques », relevant d’une catégorie intermédiaire entre la fabrication, à laquelle ils emprunteront le savoir faire propre au travail du bois, et les métiers du recyclage qui, eux consistent à transformer des objets récupérés en vue de les destiner à un autre usage.
La réparation de palettes est une activité spécifique que l’on peut apparenter à la réparation automobile, différente de la construction neuve, certes, mais également fort éloignée de la « déconstruction » d’épaves mises à la casse. En effet, une palette réparée doit être apte à remplir sa fonction originelle en toute sécurité, de la même manière qu’un véhicule réparé. Mal réparée, une palette peut causer des accidents comme un véhicule dont on aurait confié la réparation à une personne non qualifiée.
Il est donc important, comme dans l’exemple précité des véhicules hors d’usage, de faire la distinction entre le recyclage, qui consiste à broyer les palettes pour utiliser le produit du broyage (broyat) comme matière première dans la fabrication de panneaux de particule par exemple ou encore, utilisation qui prend de plus en plus d’importance avec l’essor des énergies propres, comme combustible « biomasse » pour chaufferies.
La parution de la norme NF EN ISO 18613, relative à la réparation des palettes plates en bois, est un signe tangible de l’évolution vers une professionnalisation de la réparation.
La France, bien que deuxième producteur de palettes européen derrière l’Allemagne réunifiée, n’a, contrairement à certains de ses voisins, pas encore clairement délimité les frontières d’un secteur aux contours imprécis. La réparation des palettes est actuellement pour plus de la moitié exercée par des professionnels du déchet, dont beaucoup sont des recycleurs sans formation professionnelle aux métiers du bois.
Ces autodidactes de la réparation effectuent souvent un travail de qualité satisfaisante et les meilleurs d’entre eux possèdent des qualifications sanctionnées par des agréments tels que l’agrément EPAL (en France représenté par QUALIPAL) ou SYPAL. Les membres du SYNAREP, plus orientés vers le recyclage sont également de vrais professionnels. Ce syndicat, dépendant de la fédération du recyclage FEDEREC, a confié en 2006 au Centre Technique du Bois et de l’Ameublement la réalisation d’un état des lieux du secteur de la récupération des palettes.
Le résultat de l’étude dirigée par Patrice CHANRION montre clairement la nécessité d’organiser un secteur en friche, ignoré de la réglementation, fertile en trafics allant du recel de produits volés à la contrefaçon de marques déposées.
Notre principale référence pour la rédaction de cet article est l'ouvrage de l’association Eco-Bois, distribué par le CTBA : Palettes et caisses-palettes en bois, référentiel qualité du fabricant, du reconditionneur et de l’utilisateur. |
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1. Terminologie |
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Une confusion fréquente entre « reconditionneur » et « réparateur ».
Faute de reconnaissance officielle et de formation professionnelle organisée, il n’est pas rare de voir régner une grande confusion quant à la distinction des activités du secteur des palettes d'occasion.
Le « reconditionneur » reçoit, trie, voire répare, distribue les produits reconditionnés, recycle ou confie le produit à une entreprise de valorisation.
Le réparateur quant à lui effectue la remise en état par le remplacement des éléments manquants ou défectueux des palettes à réparer.
Le domaine du reconditionneur est par conséquent plus large que celui du réparateur, la réparation n’étant qu’une des facettes de son activité. |
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2. Nature des activités |
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L’activité de reconditionneur de palettes recouvre les fonctions suivantes : |
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- collecte et réception des palettes,
- tri des lots de palettes par dimensions, types et qualités,
- réparation : démontage des planches ou dés cassés, remplacement des éléments défectueux,
- commercialisation et livraison,
- valorisation matière : traitement des palettes hors normes, non réparables et des éléments non réutilisables, |
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A ces opérations il faut ajouter des prestations spécifiques sur demande : |
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- nettoyage, peinture, marquage,
- vérification et rectification de l’équerrage. |
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2.1. La collecte et le tri
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L’objectif d’un reconditionneur est de collecter pour réemploi des palettes qui pourront ensuite, après réparation éventuelle, être commercialisées pour un usage identique à celui d’origine. Il est important de noter que l’on trouve ici une différence majeure avec l’objectif du recycleur qui, lui, transforme un déchet pour fabriquer un autre produit. Le nouveau produit pourra avoir le même usage que le produit d’origine (cas des bouteilles de verre recyclées par exemple), mais il sera passé auparavant par une phase de transformation totale et non de simple réparation. Pour les palettes : transformation en broyat qui servira éventuellement de matière première pour fabriquer une palette moulée.
C’est donc parmi les palettes aux dimensions standard et/ou normalisées que se trouve le principal gisement du reconditionnement.
Les dimensions standard sont principalement 600 x 800 mm, 800 x 1200 mm et 1000 x 1200 mm. A noter que toutes les palettes de dimensions standards passant entre les mains d’un reconditionneur, qu’elles soient initialement mises sur le marché comme multirotations ou unirotation sont réparées si leur état le justifie. Elles sont ensuite remises sur le marché. Cet état de fait rend difficile l’établissement de statistiques précises quant à la répartition entre palettes réutilisables et palettes à usage limité.
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Il existe deux principaux modes de collecte des palettes usagées:
- mise en place de circuits de collecte directe dans les entreprises utilisatrices,
- dépose directe chez le reconditionneur lui-même, ou dans des « points palettes » spécialisés dans la collecte, suivant l’implantation géographique et le rayon d’approvisionnement de l’entreprise.
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La plupart des reconditionneurs collectent tous les types de palettes et proposent aux entreprises un service d’enlèvement des déchets.
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Le tri visuel chez le reconditionneur est effectué à trois niveaux:
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- par dimension,
- par type,
- par qualité.
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La diversité des palettes récupérées peut conduire à des systèmes de tri relativement complexes. Suivant la demande des clients ayant des exigences plus particulières en termes de critères de choix de palettes, le reconditionneur peut avoir à effectuer des tris spécifiques (en termes d’image produit, demande de palettes à «aspect neuf» ; en termes d’utilisation, demande de palettes avec plancher supérieur à faible écartement entre les planches ; en termes de manutention, hauteur de palettes à respecter pour répondre à une exigence technique…).
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La réparation consiste en un remplacement des éléments qui sont endommagés ou, dans le cas de palettes standardisées, qui ne sont pas conformes au référentiel.
Chaque fois que cela est possible, les palettes à réparer sont classées et réparées, conformément au cahier des charges ou à la référence normative de leur fabrication.
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2.2.1. Palettes identifiées selon un référentiel
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Quatre cas de figure peuvent se présenter :
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- Le produit correspond à des standards identifiés :
- Palettes conformes à des spécifications : EUR-EPAL, VMF, CP, GALIA, etc.
- Fabrication suivant des normes : NF EN 13698-1, NF EN 13698-2 et autres.
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La réparation de ces palettes identifiées devra être réalisée en conformité avec les caractéristiques applicables pour la fabrication de produits neufs.
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- Palettes fabriquées suivant le Référentiel Qualité de la fabrication Ecobois
- Palettes fabriquées suivant un cahier des charges établi par le propriétaire du parc.
- Palettes pour usage spécifique en installation mécanisée et/ou automatisée.
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La réparation sera réalisée suivant le cahier des charges de la palette neuve à chaque fois que celui-ci pourra être communiqué au réparateur. C’est notamment le cas pour les palettes normalisées ou de parc privé.
La réparation sera réalisée conformément aux spécifications de la palette neuve afin de conserver le niveau des contraintes de déformation sous charge, les performances ne devant pas être affectées par l’acceptation de tolérances un peu plus élevées en réparation.
Concernant le cas particulier des palettes EUR/EPAL, il conviendra de se conformer à la Charte interprofessionnelle en date de mars 1998, relative à l’utilisation et à l’échange des palettes 800 x 1200 mm EUR/EPAL.
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2.2.2 Autres palettes (non référencées)
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Il s’agit de palettes dont le rapprochement à un quelconque référentiel connu ne peut être établi. Dans ce cas, le remplacement des éléments s’effectuera à l’identique.
La norme internationale NF EN ISO 18613, relative à la «réparation des palettes plates en bois» rappelle que si la spécification est inconnue, ou s’il n’y a pas de spécification, les composants de remplacement doivent avoir les mêmes dimensions que les composants retirés.
Le bois utilisé doit être également conforme aux classes de qualité définies par la norme NF EN 12246, les composants de remplacement pouvant provenir de nouveaux matériaux ou de matériaux réutilisés.
Pour l’assemblage, la spécification des éléments d’assemblage doit de la même manière respecter les exigences de toute palette particulière. La norme NF EN ISO 18613 rappelle que ces éléments doivent être utilisés comme décrit dans la norme européenne EN 10230-1, à savoir :
Pour les planches assemblées aux dés ou aux planches servant de supports : clous torsadés, hélicoïdaux ou annelés (la profondeur de pénétration du clou dans le dé ou le support doit être d’au moins 35 mm);
Pour les planches assemblées aux chevrons:
- si le chevron est en bois dur: clous torsadés, dentelés, hélicoïdaux ou annelés (le clou ne devant pas transpercer le chevron),
- si le chevron est en bois tendre : clous lisses, torsadés, dentelés, hélicoïdaux ou annelés.
Il convient également de se référer au projet de norme international ISO/DIS 15629
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2.3. Contrôle d’équerrage
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Cette opération spécifique est très importante pour toutes les palettes destinées à circuler dans les convoyeurs. Elle est généralement liée à des exigences techniques pointues auxquelles les palettes doivent répondre, dans le cadre de clients utilisant des installations mécanisées et/ou automatisées (transstockeur, palettiseur, convoyeur…), afin de ne pas bloquer ces installations.
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2.4. Nettoyage, peinture, marquage
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Outre les étapes de réparation, le reconditionnement comporte également celle du nettoyage, en vue de débarrasser la palette de toute salissure ou souillure issue de son utilisation antérieure. Il est alors recommandé de les brosser ou de les laver.
Enfin, dans certains cas, lorsque les palettes appartiennent à un parc particulier (parc locatif, parc privé), il est nécessaire d’appliquer, partiellement ou totalement, la couleur d’identification du propriétaire sur les éléments remplacés, ainsi que l’éventuel marquage d’identification du fournisseur-réparateur de palettes.
Les palettes type EUR-EPAL doivent notamment recevoir un marquage spécifique, dans l’éventualité de remplacement d’un plot EUR ou EPAL, ainsi qu’un clou de contrôle attestant de la conformité de la réparation (voir Chapitre 10 « Marquage et identification »). Cette opération ne peut être réalisée que par un réparateur agréé EPAL.
En outre, les palettes type EUR-EPAL ne rentrant pas ou plus dans les dispositions fixées au cahier des charges EUR-EPAL doivent être démarquées par application d’une peinture noire indélébile masquant les marques déposées.
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2.5. Valorisation
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Les palettes hors normes, ou qui ne peuvent être réparées en vue d’une réutilisation conformément aux spécifications, sont mises au rebut.
L’activité de réparation des palettes génère des déchets de bois qui se présentent sous différentes formes
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- planches cassées ou dés fendus,
- palettes non réparables,
- palettes en bon état mais dont la revente est impossible (dimensions hors normes ou ne correspondant pas à une demande de marché).
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Cependant, certaines de ces palettes, dont la revente n’est pas possible, peuvent être utilisées comme palettes à usage limité ; de même, les composants en bon état peuvent être utilisés, après démontage et récupération, pour fabriquer de nouvelles palettes ou comme composants de remplacement pour la réparation.
Pour les éléments non réparables, les méthodes d’élimination comprennent le broyage, le compostage et la combustion. Dans le cadre de ces opérations, il est indispensable de se conformer à la réglementation en vigueur (loi n° 75-633 du 15 juillet 1975 et son décret d’application n° 94-609 du 13 juillet 1994), ainsi qu’aux exigences essentielles définies par le décret n° 98-638 relatif à la prise en compte des exigences liées à l’environnement dans la conception et la fabrication des emballages, et des normes harmonisées NF EN 13429 à 13432.
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2.6. Compléments d'information sur la réparation des palettes
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Nos adhérents peuvent consulter les pages réservées du site (protégées par mot de passe). Les non adhérents sont invités à se reporter à l’ouvrage de l’association Eco-Bois, distribué par le CTBA : Palettes et caisses-palettes en bois, référentiel qualité du fabricant, du reconditionneur et de l’utilisateur.
Ce document très complet a reçu le soutien du Ministère de l’Agriculture.
A noter que pour l’édition 2002, les rédacteurs Messieurs Patrice CHANRION et Xavier PODEVIN ont reçu une importante contribution de Monsieur Gilles WAYMEL, éminent spécialiste de la palette en France.
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